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Bilan DPJ 2013

L’Association des Centres Jeunesse du Québec vient tout juste de présenter le bilan des directeurs de la Protection de la Jeunesse 2013. On peut y lire une entrevue avec Catherine Desrosiers, directrice générale de l’Association Emmanuel. En voici l’extrait. Pour consulter le bilan en entier: http://www.acjq.qc.ca/public/a14178bc-45b5-4a12-b27e-38017be2da39/mes_documents/bilans/acj1302_bilan_2013_web_rev1.pdf

L’ADOPTION D’UN ENFANT AUX BESOINS PARTICULIERS: UN ENGAGEMENT PAS SI DIFFÉRENT

LAssociation Emmanuel est  un  organisme qui  soutient  l’adoption denfants ayant une incapacité physique, psychique ou intellectuelle. Collaboratrice des centres jeunesse, l’association recrute, informe et accompagne des personnes ou des couples désireux d’adopter un enfant ayant des besoins particuliers, et ce, tout au long du processus d’adoption. Elle offre également des services post-adoption.

Madame Catherine Desrosiers témoigne de son expérience dadoption ainsi que de son engagement à titre de directrice générale de cette association.

Quelles  étaient vos  motivations   à adopter  un enfant ayant  des besoins particuliers?

Nous étions déjà parents de jeunes enfants, et  j’étais  soucieuse des valeurs que je souhaitais leur transmettre. Comme je pense que les gestes sont souvent plus percutants que les discours et que nous souhaitions accueillir  un autre enfant, nous avons décidé d’adopter et de permettre à nos enfants biologiques de vivre cette expérience enrichissante.

Je savais qu’il était plus difficile  de trouver une famille pour certains enfants. De plus, pour nous, les besoins spéciaux d’un enfant ne nous effrayaient pas. Nous étions prêts à nous investir auprès d’un enfant tout en ne sachant pas ce que l’avenir lui réserverait. Nous souhaitions tout faire pour lui donner les moyens de grandir selon ses limites et ses capacités.

Qu’est- ce qui a ensuite  mené à votre  engagement   auprès  de l’Association Emmanuel ?

Mes parents étaient très impliqués auprès de l’association à ses débuts. J’ai aussi grandi avec une sœur trisomique et, pour moi, ce vécu était très positif. C’est un engagement qui conjuguait mes valeurs personnelles et ma vie de famille.

Je travaille à l’association depuis maintenant 14 ans et continuellement, je dois renouveler mon engagement. Lorsqu’on s’investit dans un travail qui  est très demandant au plan humain,  il  faut  constamment se ressourcer et réaffirmer son choix. Travailler à l’association me permet de faire une différence pour quelques enfants, et c’est pour moi un moteur difficilement  épuisable. Dans le travail auprès de ces enfants, il  faut penser et agir dans une perspective à long terme. Lorsqu’on réussit à sortir des enfants multitraumatisés d’un cycle de violence, on réussit un changement social. Mon engagement prend tout son sens dans l’amour de ces enfants.

Quel est le profil des enfants que vous côtoyez ?

La moitié des enfants pour qui on tente de trouver une famille ont des handicaps assez importants. Certains ont une trisomie, une paralysie cérébrale ou encore sont atteints d’autisme. Malgré leur handicap, ces enfants sont souvent de véritables rayons de soleil. Ce sont des enfants qui peuvent apporter beaucoup de bonheur à une famille qui choisit de s’investir auprès d’eux.

Nous soutenons également l’adoption d’enfants pris en charge par la direction de la protection de la jeunesse. Des enfants dont la mère a consommé de la drogue ou de l’alcool, des enfants violentés ou ayant un trouble sévère de l’attachement.

Nous plaçons toujours l’enfant au cœur de nos actions. Notre défi est toujours de trouver la famille qui saura le mieux répondre aux besoins de chacun de ces enfants. Ceux-ci ont besoin de sécurité et d’enracinement. Chaque famille trouvée pour un enfant est une victoire.

Qu’est-ce  qui caractérise  les  parents  qui choisissent  de s’engager auprès d’enfants présentant des besoins particuliers ?

Évidemment, il existe autant de profils que de familles, mais généralement, ce sont des gens pour qui la famille occupe une place centrale et prioritaire dans leur vie. Des gens qui ont un sens de l’engagement important et qui choisissent de s’investir auprès de ces enfants. Des gens qui sont prêts à faire des choix, personnels ou de carrière, différents pour s’engager dans l’adoption d’un enfant ayant des besoins particuliers.

La plupart des gens ont souvent eu une expérience positive avec un enfant qui présentait une différence, une maladie ou un handicap. Cette expérience allume une étincelle et permet parfois de les rassurer dans cette aventure qui, au quotidien, n’est pas toujours facile.

L’engagement des parents qui adoptent un enfant n’est pas différent de celui de tous les autres parents. C’est la même volonté de former une famille.

Une réflexion au sujet de « Bilan DPJ 2013 »

  1. Bravo Catherine. Très bonne entrevue. Tu témoignes avec sensibilité et professionnalisme de la maturité de notre association. Avec toi on peut dire que les bottines suivent les babines.

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