Des familles… différentes, comme la vôtre!
Des familles… différentes, comme la vôtre!

Des familles… différentes, comme la vôtre!

Voir au-delà de la différence.

Un beau dimanche matin sous le soleil, café à la main, j’étais assise à l’extérieur à regarder mes enfants jouer dans le sable, avec le ballon et les craies. Ils riaient, criaient, couraient partout. Leurs vêtements étaient couverts de poussière et de couleurs, leurs cheveux décoiffés par le vent, leurs joues rougies par leurs courses. Clairement sales, oui… mais surtout profondément heureux. Et moi, je les regardais, le cœur comblé.

Chez nous, la différence est une richesse du quotidien. Ma grande de presque 12 ans, adoptée et neuroatypique, amène une couleur unique à notre petite tribu. Mais ici, à la maison, personne ne s’en soucie vraiment. Elle est simplement « elle », avec son énergie, son manque de filtre parfois, son regard particulier sur le monde. Son frère et sa sœur l’aiment comme elle est, sans se poser de question. L’amour, chez nous, ne connaît pas de format standard.

En les observant ainsi, mon cerveau a voyagé dans le passé. Je suis retournée dans mon enfance, à cette époque où je rêvais d’une grande famille. J’imaginais une vie bien rangée : un papa et une maman, des enfants, un chat, une maison avec une clôture verte — un tableau tout droit sorti d’un livre d’images. La « famille parfaite », selon les normes de l’époque. Mais la vie m’a amené une œuvre bien différente… et tellement enrichissante!

Aujourd’hui, avec mes trois enfants (et j’ai encore des croûtes à manger avant de rejoindre certaines de nos familles Emmanuel à 6, 7 ou 10 enfants!), je réalise que mes rêves ont évolué. Ce n’est plus le cadre qui importe, c’est la chaleur qu’il abrite. Ce n’est pas la ressemblance entre les membres de la famille qui fait leur unité, mais les liens tissés avec patience, avec amour, avec respect et parfois, avec le temps.

La richesse d’Emmanuel, vous savez ce que c’est? C’est justement cette diversité. Ce sont ces magnifiques familles que l’on croise, si différentes et pourtant si proches.

Des familles adoptives, des familles d’accueil, des familles de proximité, des familles homosexuelles, des familles multiculturelles, des familles avec des enfants à besoins particuliers, des familles recomposées, élargies, atypiques… Des familles aux mille visages, toutes unies par le même fil à tisser : l’amour.

Ce qui me touche profondément, à chaque rencontre, à chaque fête, à chaque camp, c’est ce qui se partage : ici, les différences ne sont pas un sujet. Elles sont naturelles, célébrées même. Comme dans ma maison.

Les enfants s’y reconnaissent sans avoir besoin de mots. Ils se mélangent, rient ensemble, dansent, roulent, dessinent, s’apprennent les uns les autres. Les grands prennent soin des petits, les plus timides se sentent en sécurité, et les plus expressifs entraînent tout le monde dans leur monde haut en couleurs. Dans leurs yeux brillent des étoiles qui ne mentent pas : ils sont à leur place, libres d’être eux-mêmes.

La famille, ce n’est pas une photo bien cadrée (Ceux qui ont plusieurs enfants le savent, faire une photo de famille relève parfois du miracle!). C’est un collage vivant, fait de morceaux uniques. La famille, c’est un lieu où chacun peut exister pleinement, où l’on apprend chaque jour à aimer mieux, à écouter plus profondément et surtout, à grandir ensemble.

En cette semaine de la famille, je célèbre la mienne, avec ses défis et ses beautés, mais surtout, je célèbre toutes celles que je croise grâce à mon travail à l’Association Emmanuel.

Elles me rappellent, tous les jours, que le cœur d’une famille ne se mesure pas au nombre de ses membres ni à leur ressemblance, mais aux liens de ceux-ci.

Vous êtes belles, inspirantes, fortes, engagées et amoureuses des petits!

Merci à chaque famille de faire partie de notre quotidien!

Un texte de Sarah Paquin, intervenante aux familles et aux services sociaux, Association Emmanuel

Le 15 mai 2025 est la Journée internationale des familles

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