On parle de santé mentale
On parle de santé mentale

On parle de santé mentale

Prendre soin de soi pour mieux prendre soin d’eux!

Il est 21 h 00. La maison est enfin silencieuse. Vous êtes épuisé.

La journée a été ponctuée de crises, de rendez-vous, d’adaptations constantes et de vigilance continue. Entre deux interventions, il y a eu le souper à préparer, le ménage à faire, le lavage qui s’accumule, les devoirs, les appels à retourner, les formulaires à remplir et j’en passe.

Vous vous asseyez enfin. Et la petite voix de la culpabilité arrive.

« Tu aurais pu être plus patient tantôt. »
« Tu aurais pu répondre plus calmement. »
« Tu n’aurais pas dû lui dire de cette façon. »

Si vous vous reconnaissez dans ces pensées, sachez une chose essentielle : vous n’êtes pas seul.

Accueillir et accompagner un enfant ayant des besoins particuliers demande un engagement immense, tant au niveau émotionnel, physique que mental. Pourtant, on parle encore trop peu de la santé mentale des parents qui portent cette réalité au quotidien.

La fatigue de compassion : quand aimer devient épuisant…

Les parents d’enfants à besoins particuliers développent souvent une vigilance constante. Ils anticipent, préviennent, adaptent, consolent, négocient, expliquent. Ils deviennent experts de leur enfant!

Toutefois, cette mobilisation continue peut mener à ce que l’on appelle la fatigue de compassion : un épuisement lié au fait de prendre soin de l’autre en permanence. Elle peut se manifester par :

– Un désinvestissement
– Un sentiment de détachement ou d’impatience
– Une baisse d’énergie persistante
– Une impression d’être « vidé » émotionnellement

Aimer profondément son enfant ne protège pas de l’épuisement. Au contraire, l’intensité de l’engagement peut parfois l’accentuer.

Il est important de demander de l’aide si vous vous reconnaissez dans cette situation.

humeurs

La culpabilité de prendre du temps pour soi…

Beaucoup de parents me disent : « Mon enfant a tellement de besoins… je ne peux pas penser à moi. »

Pourtant, négliger sa propre santé mentale finit par fragiliser l’équilibre familial. Un parent épuisé devient plus réactif, moins patient, plus vulnérable au stress. À l’inverse, un parent qui prend soin de lui modèle à son enfant une compétence essentielle : l’autosoins.

Prendre soin de soi n’est pas un luxe. C’est une stratégie parentale.

Des micro-stratégies réalistes (pas parfaites)

Il ne s’agit pas d’ajouter une pression supplémentaire à un horaire déjà chargé. Il s’agit plutôt d’intégrer de petits gestes concrets, accessibles.

Deux minutes. Pas une heure. Deux minutes de respiration lente, d’étirement ou simplement de silence volontaire. Répétées chaque jour, ces pauses diminuent réellement la charge physiologique du stress.

Il est possible d’aimer profondément son enfant… et de trouver certaines journées extrêmement difficiles. Les deux peuvent coexister.

Une marche seule, un café avec un ami, une activité créative, un suivi thérapeutique. Ce n’est pas égoïste. C’est préventif.

Plutôt que viser une journée parfaite, viser un moment réussi. Une interaction positive. Un instant de connexion.

Se parler comme on parlerait à un ami dans la même situation.

Tête et fleurs

Votre santé mentale est un facteur de protection et il faut en prendre soin. Prenez le temps!

Et si cette année, au lieu d’ajouter une nouvelle stratégie éducative à votre liste, vous ajoutiez une stratégie de bienveillance envers vous-même ?


Un texte de Roxane Courchesne, intervenante aux familles et aux services sociaux à l’Association Emmanuel.

Cet article a été publié dans le journal l’envol printemps/été 2026.